La philanthropie et les relations entre donner et recevoir

20 Oct 2026

La philanthropie et les relations entre donner et recevoir
Depuis longtemps il est admis que réussir et faire fortune obligent certains, plus conscients que d’autres, de la détresse humaine environnante, à rendre sous une forme établie à travers une Fondation, ce que la vie a donné, pour en faire bénéficier les plus défavorisés.

 

Maria Elena Cuomo - philanthrope

L'école de Kovalam avant la construction du bâtiment financé par la Fondation Cuomo

 

La société américaine incite plus ce type de comportement car elle défiscalise les actions philanthropiques, ce qui, sans en diminuer la portée, explique le nombre important d’actions philanthropiques outre-Atlantique.

En Europe ces gestes sont moins fréquents, même si leur nombre tend à croître.

La philanthropie autrefois se contentait souvent de donner et laissait à d’autres le soin de gérer les dons localement sans en suivre les progrès, les écueils voir les blocages. Aujourd’hui nombre d’actions philanthropiques ne se contentent pas de donner mais sont impliquées dans le suivi et dans les changements intervenus.

Les actions philanthropiques peuvent revêtir plusieurs formes, principalement l’Éducation, la Santé, ou l’aide à la recherche, au développement d’un art ou la préservation ou la restitution d’un patrimoine culturel identitaire.

Il y a dans tout acte philanthropique, comme une sorte de ballet entre le fait de donner pour l’un et celui de recevoir pour l’autre.

 

Maria Elena Cuomo - philanthrope

Maria Elena Cuomo - philanthrope

 

Lors d’une catastrophe naturelle, tremblement de terre, tsunami, incendies, il y a des élans de générosité ponctuels et les donateurs sont perçus le plus souvent de façon très positive, un peu comme un cadeau du ciel. Mais les États restent maître chez eux et les drames humains qui en découlent peuvent atténuer la portée philanthropique des aides de quelque nature soit elle. Quoi qu’il en soit, l’action est toujours brève et les donateurs ne connaissent pas les receveurs.

A l’opposé, les actions dans l’Éducation et la Santé impliquent un temps long et d’être présent localement soit directement soit par l’intermédiaire des représentants locaux. Ce temps long crée une relation longue entre le donateur et récipiendaires, ce qui introduit un autre paramètre qui n’est plus seulement celui du don mais celui de la vision du projet et des moyens mis en œuvre pour atteindre ses buts. La relation avec le temps devient parfois difficile à maintenir, car le receveur peut percevoir la présence constante du donateur comme une « intrusion » chez lui.

 

Maria Elena Cuomo - philanthrope

Maria Elena Cuomo - philanthrope

Maison de retraite « Merci », Chennai

L’action philanthropique est donc plus difficile que ce que les sentiments instinctifs tendent à faire croire. Enfin, le monde est en constante évolution et pas forcément pour le meilleur. Combien de pays autrefois accessibles facilement sont aujourd’hui fermés à toute action étrangère d’où qu’elle vienne.

Les transferts de fonds aussi deviennent problématiques. Les meilleurs intentions sont aujourd’hui bridées par une évolution géopolitique de plus en plus complexe et parfois très limitante.

Gérer une Fondation philanthropique est devenu difficile, aussi bien dans les contrées lointaines, que près de nous ; d’autant plus que la misère et détresse humaine sont à notre porte et que les États peuvent de moins en moins faire.

Le rêve qui préside à la création d’une Fondation se heurte après des années aux difficultés croissantes. Cela ne doit pas nous décourager mais demande un travail beaucoup plus important avant de décider : qui aider ? pour quel coût ? avec qui ?

- Maria Elena Cuomo